« Je suis venu au Mexique pour chercher une nouvelle idée de l’homme »
A. Artaud
Éditorial
« Les routes mexicaines s’engouffrent dans les zones mêmes où se complaît et s’attarde l’écriture automatique » affirma André Breton.
Le Mexique – par ses mythes, son histoire, ses paysages, sa culture, son art et ses révoltes – semblait être prédestiné au surréalisme. Nombre sont les artistes, comme irrésistiblement appelé à lui, à qui il a ouvert la voie à de nouvelles appréhensions de l’entendement humain, jusqu’alors inexplorées par l’esprit occidental. Un territoire qui dans son essence incarne le terreau de toutes les réinventions du monde.
Cette année, le Centre International du Surréalisme et de la Citoyenneté Mondiale accueille dans le château Tournié et la Maison Émile Joseph-Rignault une exposition qui rend compte de l’effervescence intellectuelle et créative que le Mexique a provoquée dans l’esprit des surréalistes. Imaginée à la fois comme une exposition poétique, artistique et scientifique, elle explore ce pays du merveilleux à travers l’imaginaire pluriel dans lequel il se fonde et qu’il a suscité chez les artistes, les écrivains ou les galeristes.
Théo Plantefol, Chargé de billetterie et d’animation
Centre International du Surréalisme et de la Citoyenneté Mondiale, Maisons André Breton et Émile Joseph-Rignault, Saint-Cirq-Lapopie
UN PAYS SURRÉALISTE
Que ce soit par le voyage ou l’exil, dans un but politique ou poétique, les membres du groupe surréaliste se sont rendus au Mexique et y ont découvert ses trésors. André Breton, Benjamin Péret, Antonin Artaud, Pierre Mabille, Roberto Matta ou encore Leonora Carrington, autant d’esprits qui ont vu leur regard sur le monde transformé à son contact.
Chacun d’entre eux y a embrassé pleinement la multiplicité des visages de ces territoires. Des photos documentaires, des objets, des œuvres issues de ces voyages seront les témoins choisis pour traduire cette expérience hors normes.
Laure van Heijenoort, Le groupe en excursion aux environs de Santa Fé le 9 juillet. De gauche à droite : Diego Rivera, Natalya Trotsky, Reba Hansen, André Breton, Frida Kahlo, Jean Van Heijenoort, (au premier plan) Léon Trotsky. 1938, tirage argentique © Crédits réservés
HOMMAGE À LEONORA CARRINGTON
Leonora Carrington est définitivement celle qui parmi tous les autres s’est donnée corps et bien au Mexique. Elle comprend qu’en ces lieux, passé et présent se confondent dans la réalité du mythe.
Son travail mexicain ouvre la voie à une nouvelle mythologie à la jonction de toutes les cultures. Sa création plastique de l’époque alterne entre la peinture, la tapisserie et la création de masques. Elle y explore, au moyen de ponts entre les imaginaires, le subconscient universel.
LUTTE MEXICAINE
La Lucha Libre est un point central de l’imaginaire mexicain. Cette mise en scène chorégraphiée du combat se caractérise par les masques que que vêtent en montant sur le ring les luchadors, ces lutteurs se situant à mi-chemin entre le personnage, le combattant et le mythe vivant.
Cet art à part entière offre des perspectives inattendues sur les expérimentations picturales, la photographie et la scène. Blue Demon, l’un des représentants d’une longue lignée de catcheurs mexicains, incarne tout particulièrement cet engagement, que ce soit au niveau artistique et politique.
LE LIEU
Aujourd’hui à nouveau ouvert au public, le château ayant appartenu à Françoise Tournié s’ajoute au parcours d’exposition du C.I.S.C.M. La figure de sa précédente propriétaire est indissociable de la présence artistique à Saint-Cirq-Lapopie. Parmi les premières femmes galeristes du XXe siècle, elle fut l’un des soutiens indéfectibles du mouvement surréaliste dont elle fit la promotion lors de nombreuses expositions, en particulier de l’œuvre de Wolfgang Paalen.
C’est dans les années 1970, au cours de plusieurs voyages sur les traces de certains inédits de Paalen, qu’elle découvre le Mexique, tombe sous le charme de ce pays et finit même par y acheter une propriété.
En 1974, Françoise Tournié fait l’acquisition d’un chateau à Saint-Cirq-Lapopie, non loin de la maison qu’avait achetée André Breton en 1951. Elle en fit un centre de résidence artistique et d’exposition, souhaitant réunir en ce lieu des œuvres du surréalisme.
CHRONOLOGIE
1821 – Date de la signature du traité de Córdoba qui confirme l’indépendance au Mexique
1910 à 1920 – Révolution mexicaine
1917 – Naissance de Leonora Carrington au Royaume-Uni
1922 – Naissance du premier représentant de la dynastie Blue Demon
1924 – Parution du Manifeste du surréalisme
1933 – Création à Mexico par Don Salvador Lutteroth Gonzalez de la Empresa Mexicana de Lucha Libre, connue aujourd’hui sous le nom de Consejo Mundial de Lucha Libre
1936 – Voyage d’Antonin Artaud au Mexique
1938 – Venue d’André Breton et Jacqueline Lamba au Mexique, rencontre avec Trotski, Diego Rivera et Frida Kahlo
1940 – Exposition internationale du surréalisme à Mexico
1941 – Exil de Benjamin Péret au Mexique, et d’André Breton aux États-Unis
1942 – Exil de Leonora Carrington au Mexique
1974 – Achat par Françoise Tournié d’un château à Saint-Cirq-Lapopie qui deviendra un lieu d’exposition et de résidence dédié au surréalisme
1999 – Parution du numéro de la revue Mélusine “Mexique, miroir magnétique” consacré à l’influence du Mexique dans le surréalisme
LES CATALOGUES
Prolongeant le parcours de l’exposition, un catalogue monographique est publié à cette occasion. Surréalisme et Mexique, miroirs magnétiques propose d’approfondir les thèmes principaux de l’exposition.
Éditions La Rose Impossible, 200 pages, 28 €
Une exploration des territoires communs du Mexique et du Surréalisme
Grâce aux perspectives que le Mexique laisse entrevoir, le surréalisme étend ses propres frontières. Art, poésie, politique, tout change et se dépasse au contact du mythe pour ouvrir des voies renouvelées à l’entendement humain à venir.
Une exposition à découvrir à Saint-Cirq-Lapopie du 21 avril au 11 novembre 2026.
Lieu : C.I.S.C.M. // Le château Tournié, alias fort de la comporte et maison Émile Joseph-Rignault, Le bourg – 46330 Saint-Cirq-Lapopie
Dates : 21 avril – 11 novembre 2026
Conférence de presse : 2 mai 2026, 11 heures, Place du Carol, Saint-Cirq-Lapopie
Vernissage : 2 mai 2026, 14 heures
Contact presse : contact@maisonandrebreton // 07 68 09 99 07 ou 09 60 13 86 73
Partenariat à l’honneur
Mexique et surréalisme, miroirs magnétiques a été pensé comme une exploration artistique, poétique et politique des liens qui ont été tissés entre le surréalisme et le Mexique.
L’engagement pris lors de cette exposition place le souci de responsabilité écologique, scientifique et économique au cœur de la démarche curatoriale, en privilégiant l’itinérance d’exposition sur le territoire national afin d’en diffuser les résultats (catalogues, supports de médiation…) auprès d’un plus large public, tant rural que métropolitain.
Ce projet est réalisé grâce au partenariat du Centre International du Surréalisme et de la Citoyenneté Mondiale (C.I.S.C.M.), situé à Saint-Cirq-Lapopie, avec le Consejo Leonora Carrington à Mexico. Un triple commissariat est assuré par Laurent Doucet pour la partie poétique, Célia Stara et Clément Gaësler pour le commissariat général et d’un ensemble de chercheurs spécialistes du surréalisme et du Mexique rassemblés autour de Fabrice Flahutez et Anne Foucault pour la partie scientifique.
L’exposition ouvrira ses portes le 21 avril 2026 à Saint-Cirq-Lapopie et prendra fin le 11 novembre 2026.
Dans le cadre de ce projet, nous sollicitons les institutions partenaires et les chercheurs pour collaborer à la diffusion la plus large de ce travail.
LES INSTITUTIONS
Le C.I.S.C.M.
En 2014, la Commune de Saint-Cirq-Lapopie mobilise les pouvoirs publics pour la sauvegarde de la Maison d’André Breton, écrivain et principal théoricien du surréalisme. Classée Monument Historique et labellisée Maison des Illustres, la maison est depuis fin 2016 la propriété de la municipalité. Dès 2019, le département du Lot met à disposition la Maison Rignault, ancien musée départemental en vue de la réunion des deux établissements par le biais d’une passerelle, doublant par deux la surface du précédent musée.
Fidèle à l’esprit du lieu et du mouvement, le projet porté par la Commune de Saint-Cirq-Lapopie et l’association La Rose Impossible a pour objet de défendre, pérenniser et valoriser les valeurs vivantes et actuelles du Surréalisme et de la Citoyenneté Mondiale. Le PSC synthétise cinq axes qui orientent les propositions culturelles à l’année :
- La création surréaliste et les valeurs de la citoyenneté mondiale,
- Les arts et cultures du monde (traditions, métissage, modernité),
- Les nouvelles formes d’expression contemporaine (résidences, arts numériques, chanson, poésie et performance, musiques actuelles, graphisme, vidéo),
- Le monde du livre (depuis la résidence d’écrivain jusqu’à la bibliothèque-médiathèque, en passant par le monde de l’édition et de l’imprimerie sous toutes ses formes, la critique littéraire papier ou en ligne, la librairie…),
- Le monde des idées (cycles de conférences, rencontres, projections et débats citoyens).
À mi-chemin du musée, du tiers-lieu, de la maison d’artiste et de la résidence, le projet scientifique et culturel souligne l’importance d’une double saisonnalité adaptée aux défis d’existence de la culture en milieu rural. Lors de la haute saison, le Centre vise la promotion du territoire à toutes les échelles (locales, nationales, internationales) par des expositions co-créées auprès d’institutions culturelles nationales.
L’engagement est double, celui de faire vivre la singularité des propositions de territoire, la qualité scientifique par la collégialité ainsi que l’itinérance des expositions intégrant ainsi les institutions culturelles dans les enjeux de transition écologique et de réduction des coûts carbone. La venue d’œuvres des collections nationales s’articule avec celle des collections locales, publiques et privées.
Ouvert à la visite depuis 2023, le C.I.S.C.M. – Centre International du Surréalisme et de la Citoyenneté Mondiale s’attache à mettre à l’honneur la contribution du Surréalisme et des mouvements qui lui sont liés (Art Brut, Grand Jeu, Phases…) dans l’invention d’un champ de rencontre entre poésie, théories sociales et politiques, et créations plastiques.
LE CONSEJO LEONORA CARRINGTON
Le but principal du Conseil Leonora Carrington est de collecter, préserver, exposer et diffuser l’œuvre de l’artiste Leonora Carrington.
Le Conseil possède d’inestimables collections d’œuvres de Leonora Carrington, comprenant des peintures, des dessins, des sculptures, des bijoux, des textiles, des œuvres graphiques, des œuvres littéraires et épistolaires, ainsi que sa bibliothèque, ses archives photographiques historiques et son atelier, qui constituent ensemble un trésor artistique inestimable grâce à la générosité de Pablo et Wendy Weisz Carrington ; par conséquent, toute institution éducative ou culturelle, privée ou gouvernementale, peut demander des œuvres de sa collection pour une exposition publique dans ses lieux culturels.
Le Consejo Leonora Carrington a intégré son premier patrimoine artistique en 2017 avec 82 sculptures en bronze actuellement prêtées pour une durée de 50 ans au gouvernement de l’État de San Luis Potosí, au Mexique, qui constituent les collections permanentes des musées dédiés à l’artiste, dans la ville de San Luis Potosí et dans la ville magique de Xilitla, au Mexique.
